Ref. 2165
M. Planchon
Horloger (1842-1921)
«Allégorie de la Fidélité à Henri IV»
Cadran signé « Planchon à Paris »
France
Circa 1880
Bronze doré, Marbre
Hauteur : 46 cm ; Largeur : 30 cm ; Profondeur : 17 cm
Belle pendule en marbre blanc et bronze ciselé et doré représentant une figure féminine drapée à l’antique tenant deux cœurs dans sa main droite, soutenant un médaillon à profil d’Henri IV, figure royale idéalisée. Celui-ci est posé sur une colonne tronquée et cannelée en marbre accueillant le cadran émaillé, à chiffres arabes pour les heures et minuterie périphérique, encadré d’une guirlande de fleurs nouée et de laurier.
À droite, un enfant jouant avec un chien constitue un symbole explicite de fidélité (le chien étant l’attribut traditionnel de cette vertu).
Elle repose sur une base moulurée à décor de guirlandes de roses et de laurier dans des encadrements perlés sur fond noir, le tout reposant sur 6 pieds boules feuillagés.
Cette association permet de lire la composition comme une allégorie de la Fidélité envers Henri IV, roi perçu au XVIIIᵉ siècle comme modèle de bon gouvernement et de concorde nationale.
Ce thème s’inscrit dans un courant iconographique bien attesté : les pendules de la fin de l’Ancien Régime utilisent fréquemment des figures féminines et enfantines pour exprimer des vertus morales ou politiques. Cette pendule constitue une reprise historiciste d’un modèle conçu dans les années 1780, moment où l’horlogerie parisienne atteint un sommet d’intégration entre sculpture, architecture et symbolique morale.
Œuvre en relation
Ce modèle, très populaire au XVIIIe siècle et qui a été probablement créé par le marchand-mercier Daguerre, a été décliné de nombreuses fois sur des thématiques différentes, comme cette Pendule Allégorie de l’Amitié et Loyauté signée Montjoye à Paris, circa 1780 conservée au Museum of Art de Philadelphia (reproduite dans H. Ottomeyer, Vergoldete Bronzen, T. I, Klinkhardt & Biermann, Munich, 1986, p° 245).
Le Metropolitan Museum of Art de New-York en conserve également un exemplaire signé « Charles Dutertre à Paris », sur lequel le médaillon est manquant (n° inventaire 43.163.24a et b).
biographie
Matthieu Planchon (1842-1921), né à Bourges, fut apprenti chez son père également horloger et fit son tour de France en 1862. Il acquit le fonds de l’horloger Adrien Philippe en 1870. Répertorié rue Vielle du Temple en 1880, en 1890, il est établi Galerie Montpensier au Palais Royal. Subissant l’influence de l’architecte Viollet-le-Duc (1814-1879), il se spécialisa quelques temps dans le style néo-gothique puis il créa un style connu sous le nom de « style Planchon », inspiré des styles de l’Ancien Régime.
En 1889, il utilisait comme marque de fabrique la devise des horlogers du parisiens du XVIIe siècle : « Solis mendaces arguit horas » (Les heures du soleil sont menteuses). En 1899, il prit comme collaborateur son gendre Paul Brateau. Il publia plusieurs ouvrages et fit en 1900 le rapport sur le Musée Rétrospectif de l’Exposition, et mourut en 1921. Brateau lui succéda et le magasin situé Chaussée d’Antin depuis 1900 fut transféré en 1930 rue Meyerbeer, et cessa toute activité en 1936.
bibliographie
- Tardy, Dictionnaire des Horlogers Français, Paris, 1972, p. 525
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