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Guillemin
Buste de Jeune Femme d'Afrique du Nord

2402/24

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2402/24

E. GUILLEMIN

Sculpteur

(1841-1907)

Ecole Française

Buste de Jeune Femme D’Afrique du Nord

Signé E’le. Guillemin

France

Circa 1875

Haut. totale : 62 cm ; Larg. 41 cm ; Prof. 24 cm

 

Joli buste de femme d’Afrique du Nord, en bronze patiné et polychrome à dominante rouge-orangé. Les cheveux attachés, coiffée d’un bijou de tête, elle porte un costume traditionnel et est parée de bijoux orientaux, dont un collier composé de médaillons à caractères arabes et de croissants. Piédouche en marbre rouge antique.

 

L’Orientalisme

Le goût pour l’exotisme et les ‘turqueries’ apparaît dès le XVIIe siècle. Au tournant du XIXe siècle, l’expédition d’Egypte menée par Bonaparte inspire aux artistes français le goût pour l’Orient, sa beauté, sa lumière, mais aussi la quête de l’ailleurs et la fascination pour le mystère. Toutefois, c’est véritablement avec la prise d’Alger en 1830 que l’Orientalisme devient un mouvement artistique à part entière et nommé comme tel.

Profitant du développement des transports, les artistes voyagent davantage vers la Maghreb ou la Perse, encore méconnus. Des artistes comme Decamps, Fromentin, Delacroix ou Gérôme développent des thèmes nouveaux, tantôt à la manière romantique, tantôt avec une approche documentaire et naturaliste: despotisme du tyran, sensualité du harem, pittoresque des scènes de rues, richesse des paysages.

A la fin du Second Empire, l’Académisme laisse la place à la modernité et éclipse pour un temps la mode de l’Orientalisme. Toutefois, la création de la Société des Peintres Orientalistes et les Expositions Universelles de 1855 et 1867 donne un regain au mouvement.

E.Guillemin fait partie de cette deuxième génération d’orientalistes. Il voue une véritable passion au genre exotique, décliné en plusieurs dimensions allant jusqu’au colossal, avec des héros bibliques, des conquistadors et surtout des personnages orientaux animés d’un véritable souffle de vie. Comme Charles Cordier (1827-1905), il innove en mélangeant couleurs et matières : polychromie des marbres ou des bronzes, associations d’émaux, de pierres, à l’argent et au cuivre… Cela favorise les collaborations entre sculpteur et fondeur, telle que celle entre Guillemin et Barbedienne pour les torchères d’Indienne et d’Orientale.

Biographie

Célèbre sculpteur parisien, Emile Guillemin (1841-1907) fait son apprentissage artistique auprès de son père Emile-Marie-Auguste Guillemin, puis chez le sculpteur Jean-Jules Salmson. Il débute au Salon des Artistes Français de 1870, avec deux plâtres de gladiateurs romains, qui, une fois fondus en bronze en 1871, seront acquis par l’Etat pour le Château de Saint-Germain-en-Laye. Sa réputation grandissante lui permet de collaborer avec les plus prestigieuses maisons de luxe telles que Barbedienne ou Christofle. Il continue d’exposer au Salon jusqu’à la fin des années 1890. Il y expose notamment une série de bustes de femmes orientales en bronze similaires au nôtre. Ces bustes s’inscrivent dans un contexte particulier : Guillemin voyage en Afrique du Nord et dans le bassin Méditerranéen dans le but de répertorier les caractères anthropologiques des différentes cultures locales. Ils témoignent de l’excellence de Guillemin, par une remarquable qualité de ciselure et le réalisme de leurs sujets.

 Muséologie

– Musée des Beaux-Arts, Montréal (Canada) : Sculpture représentant Eliézer et Rébecca.

– Musée d’Orsay, Paris : Bas d’armoire de Diehl, monté de plaques en bronze doré de Guillemin (Inv. O.A.O. 992), Exposition Universelle de Paris en 1867.

– Château de Saint-Germain-en-Laye : Deux gladiateurs romains : Rétiaire et Mirmillon (bronzes d’après les plâtres exposés au Salon de 1870).

 

Bibliographie

Archives du Musée d’Orsay.

L’univers des bronzes, Yves Devaux, Ed. Pygmalion, Paris, 1978.

Les bronzes du XIXe siècle, P. Kjellberg, Les Ed. de l’amateur, 1989, p. 369-370.