Ref. 1795

Manufacture de Beauvais    

(Fondée en 1664)             

F. Boucher

Peintre (1703-1770)                                                                                       

Suite de Quatre Tapisseries à scènes pastorales

France
1780

Bois doré, Tapisserie

Hauteur : 206 cm ; Largeur : 56 cm ; Profondeur : 4 cm

Très belle suite de quatre tapisseries de la Manufacture de Beauvais représentant des pastorales d’enfants. Ces tapisseries ont été faites d’après les peintures de François Boucher (1703-1770) livrées vers 1751 à la marquise de Pompadour pour son Château de Crécy. 

Présentées dans des médaillons superposés fleuris et bordés d’entrelacs, ces scènes sont composées de :

– une bergère et une jardinière avec les initiales « F.B » sur le socle de l’arbre ;
– un pêcheur et une fermière signé sur la pierre à droite « Boucher 1780 Beauvais »
– un marionnettiste, et une fileuse assise sur un banc en pierre signé « Boucher » ;
– un musicien et une beurrière signé et situé en bas à gauche « Boucher 1780 Beauvais »

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Elles sont entourées de cadres en bois doré de forme cintrée ornés de cannelures et de feuilles.

œuvres en relation

Suite des quatre toiles de F. Boucher qui décoraient le Château de Crécy du temps de la marquise de Pompadour.
Devenu propriété du duc de Penthièvre en 1757 avec son entier mobilier, ce dernier revend le château en 1775 sans ses collections qu’il installe au Château de Sceaux.
Vendues pendant la Révolution, les toiles sont rachetées en 1862 par le duc de Trévise et réinstallées au Château de Sceaux jusqu’en 1923, date de sa vente au département de la Seine. Réapparues sur le marché de l’art lors de la vente Rouillac du 10/06/2018, ces toiles ont été préemptées par le Château de Sceaux et ont rejoint leurs collections (n° d’inventaires 2018.1.1 ; 2018.1.4 ; 2018.1.2 ; 2018.1.3 ; 2018.1.4) et sont exposées Salle Penthièvre.

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biographie

François Boucher (1703-1770) perfectionne son apprentissage de la peinture à l’huile auprès de François Lemoyne. Il remporte le Grand prix de peinture en 1723. Agréé à l’Académie de peinture et de sculpture, il y est reçu en 1734. Il fait une carrière brillante, connaît tous les honneurs, reçoit d’incessantes commandes royales et travaille pour les hauts personnages de la cour, telle Madame de Pompadour. Il fournit également des cartons pour la réalisation de tapisseries, comme à partir de 1750 la tenture des Amours des Dieux commandée par Oudry qui dirige alors la Manufacture de Beauvais. Maître incontesté du style rocaille sous Louis XV, peintre précieux et sensuel, surnommé de son vivant “le Peintre des Grâces”, il est en revanche dès 1760 de plus en plus boudé par le public et la critique du Salon qui se tourne vers un art plus classique. Ce n’est donc que dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que l’impératrice Eugénie réinvente un XVIIIe siècle à son goût, que les frères Goncourt en redécouvrent le peintre le plus représentatif, François Boucher.

La Manufacture royale de tapisserie de Beauvais est créée en 1664 par Jean-Baptiste Colbert pour concurrencer les manufactures de tapisseries des Flandres afin de répondre aux exigences de sa politique mercantiliste et réduire les importations. Contrairement à la manufacture des Gobelins dont la production était essentiellement destinée au roi, la manufacture de Beauvais fut à l’origine une entreprise orientée vers le marché privé. La production se limite alors à des sujets simples comme les verdures. Depuis la direction de Philippe Béhagle (1641-1705) marchand-tapissier du roi, originaire des Flandres et formé aux Gobelins, la manufacture fait appel à des artistes reconnus pour fournir des cartons, comme Jean-Baptiste Monnoyer ou Jacques Duplessis, remplacé par Jean-Baptiste Oudry en 1726. C’est à ce dernier que la direction est confiée jusqu’à sa mort en 1755, ce qui correspond à la période la plus remarquable de l’histoire de la manufacture.
Sous la direction artistique de Jean-Baptiste Oudry, Beauvais s’appuya sur un réseau international de magasins d’exposition implantés à Paris, Leipzig ou Ratisbonne par les précédents directeurs pour développer ses exportations à l’Europe entière, créant d’immenses tentures. La collaboration entre les peintres Oudry et François Boucher contribua pour une large part à cette réussite. À cette époque furent réalisées d’importantes productions de tapisseries pour sièges assorties aux motifs des tentures créant ainsi des ensembles décoratifs très homogènes. Malgré son succès auprès de la clientèle privée, la manufacture de Beauvais dut son maintien aux commandes annuelles du garde-meuble royal. La manufacture employait à la Révolution française plusieurs centaines d’ouvriers et le 8 octobre 1804, Napoléon Bonaparte décida d’en faire une manufacture d’État.
Les tissages de Beauvais étaient d’une qualité exceptionnelle, comparable à ceux des Gobelins. La manufacture était particulièrement renommée pour les garnitures de sièges.
Au cours du XIXe siècle, la manufacture déclina. Le XXe siècle sonna le renouveau de la Manufacture avec la collaboration de grands artistes contemporains.

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