X

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Ref

Titre.

Votre message

Ref. 1376 et 1357

H. Cahieux

Dessinateur
(1825-1854)                        
                                                 

F. BARBEDIENNE

Bronzier
(1810-1892)

Sellettes ‘bambous’


Un modèle similaire fut exposé à l’Exposition Universelle de Paris en 1855

Bronze à patine brune nuancée, marbre rouge griotte

France, circa 1855

Hauteur totale : 154 cm ; Largeur : 33 x 33 cm
Coupe : hauteur 17 cm

Très jolie paire de sellettes en bronze dites aussi Candélabres bambous. Elles reposent chacune sur trois pieds griffes ornés de têtes de lion séparées par des palmettes. De ce piètement s’élève une tige de bambou qui s’achève en trois boutons de fleurs supportant un plateau circulaire en marbre rouge griotte, sur lequel est posée une coupe à l’antique ornée de lierre.

La sobriété du décor de ces pièces met en valeur la qualité du bronze et les nuances de patine. Les chainettes retombant du plateau viennent animer ces pièces à la ligne épurée.

Le modèle

Le dessin de ces sellettes, inspiré des trépieds antiques, est un modèle bien connu dans la production de Ferdinand Barbedienne, qui fut à plusieurs reprises utilisé par le bronzier. Dessiné par le chef décorateur Henri Cahieux, ce modèle fut édité par la Maison Barbedienne dès 1855 sous le titre Candélabre antique porte-lampe h. 1m35 et vendu au prix de 440 francs. A partir de 1875, la paire est commercialisée sous l’appellation Candélabre bambou, trépied, porte-lampe et est alors proposée en trois tailles : 1m90, 1m70 et 1m35. Ce modèle de sellette se retrouvera ensuite dans tous les catalogues de la Maison Barbedienne.

Cette paire de candélabres bambous permet ainsi de voir comment F. Barbedienne sut décliner un même modèle sur plusieurs décennies et qu’on retrouve dans plusieurs grands intérieurs du Second Empire.

Un modèle identique aux nôtres est présenté par la Maison Barbedienne lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855. A cette occasion, l’Impératrice Eugénie l’achète pour son cabinet de toilette du château de Saint-Cloud. Une aquarelle de Fortuné de Fournier, réalisée en 1860, les représente disposés de part et d’autre d’une psyché réalisée par la Maison Fourdinois.

Ce modèle plut tellement à l’Impératrice qu’elle en commanda deux autres paires en 1858 pour ses boudoirs des palais de Compiègne et de Fontainebleau.

Candélabre, Exposition Universelle de 1855

                                 

Aquarelle montrant le cabinet de toilette de l’Impératrice à Saint-Cloud, Palais de Compiègne

                                              

                                                              

    

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs on sait aussi que des sellettes de ce type prenaient place dans la maison pompéienne construite en 1856 par l’architecte Alfred Normand (1822-1909) pour le Prince Napoléon. Plusieurs photographies et gravures de la demeure nous permettent ainsi de voir ces candélabres, alors utilisés comme porte-lampes. Si l’ensemble du mobilier néo-antique avait été dessiné par Charles Rossigneux (1818-1908), la présence de ces sellettes dans la demeure témoigne de la participation de la Maison Barbedienne sur le chantier, mais aussi du succès de ce modèle au sein du cercle impérial.

    

Gravure représentant la fête donnée par le Prince Napoléon pour l’inauguration de sa maison pompéienne, le 14 février 1860, Bibliothèque Nationale de France

Vue de l’atrium de la maison pompéienne vers 1860, Bibliothèque Nationale de France

                                   

                                                      

 

 

 

 

 

 

 

Biographies

Henri Cahieux (1825-1854) : chef des décorateurs du fabricant de bronzes d’art Ferdinand Barbedienne, il était promis à une brillante carrière comme en témoignent ses œuvres envoyées aux Salons de 1850 et 1853. La plupart de ses pièces étaient réalisées dans le style Grec, alors très en vogue à cette époque. L’article de Victor Champier, “Les artistes de l’Industrie” paru dans la Revue des arts décoratifs (déc. 1888), se fait l’écho du génie de cet artiste : “Barbedienne venait de perdre (en 1854) ce garçon plein d’avenir, enlevé par le choléra dans la fleur de l’âge, et dont les œuvres empreintes d’une grâce savoureuse, annonçaient en lui un maître”. A l’Exposition Universelle de Paris en 1855, ses lampes qui figuraient comme son dernier témoignage, remportaient une Médaille d’Honneur au stand de Barbedienne. Louis-Constant Sévin (1821-1888) lui succèdera dans l’entreprise avec succès.

Ferdinand Barbedienne (1810-1892) : il a créé et dirigé l’une des plus importantes fonderies d’art pendant la seconde moitié du XIXème siècle. Il doit sa renommée tant à ses fontes de sculptures anciennes et modernes, dont les sujets étaient tirés des plus grands musées d’Europe, qu’à ses bronzes originaux, dessinés dans ses ateliers et destinés à l’ameublement et la décoration. En plus de sa propre production, Barbedienne travaille pour les sculpteurs les plus renommés comme Barrias, Bosio, Clésinger ou encore Carrier-Belleuse. Déjà saluée par deux grandes médailles (Council medals) à l’Exposition de Londres en 1851, la Maison Barbedienne remporte à l’Exposition Universelle de 1855 à Paris, une grande médaille d’honneur et onze médailles de coopérateurs récompensant, ses créateurs de modèles, ses ciseleurs et ses monteurs. Les succès rencontrés par la Maison Barbedienne dans les Expositions Internationales lui valent en conséquence de nombreuses commandes officielles, comme celle de fournir les bronzes d’ameublement pour la maison pompéienne du Prince Napoléon-Joseph, vers 1860, avenue Montaigne à Paris. Déclaré hors concours, en sa qualité de membre et de rapporteur du jury, à l’Exposition Universelle de 1867, il y expose cependant avec succès. Nommé alors Officier de la Légion d’Honneur, il est fait Commandeur en 1878, suite à l’Exposition Universelle où le jury le compare à “un prince de l’Industrie et au roi du bronze”. Sa gloire ne tarit pas avec les années, puisqu’à l’Exposition Universelle de 1889, les critiques remercient Barbedienne de servir de maître aux autres bronziers, par la qualité toujours exemplaire de ses bronzes.

Bibliographie

F. Barbedienne fondeur, Catalogue des bronzes d’art, Paris, 1855, p.14.
F. Barbedienne fondeur, Bronzes d’art, Paris, 1858, p.47.
F. Barbedienne, Bronzes d’art, Paris, 1862, p.56.
F. Barbedienne fondeur, Catalogue des bronzes d’art, Paris, 1875, p.68.
F. Barbedienne fondeur, Catalogue des bronzes d’art, Paris, 1882, p.91.
F. Barbedienne éditeur, Leblanc-Barbedienne successeur, Bronzes d’art, Paris, 1893, p.99.
Barbedienne éditeur, Leblanc-Barbedienne successeur, Bronzes et objets d’art, Paris, 1900, p.117.
– « La maison pompéienne du Prince Napoléon avenue Montaigne », Marie-Claude Dejean de la Batie, in La Gazette des Beaux-arts, t. LXXXVII, 1287e livraison, avril 1976, pp. 127-134. fig. 9.

Muséologie

– Paire de porte-lampes de F. Barbedienne, acquise par l’Impératrice en 1858 pour le palais de Compiègne, conservée au palais de Compiègne (Inv. C.348.C)

Contactez nous