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A. Perret & E. Vibert

“La Maison des Bambous”
Créateur & Marchand-éditeur
(Maison active à partir de 1872)

(attribué à)

Cabinet-secrétaire Japonisant

France
Circa 1880

Haut. : 167 cm ; Larg. : 65 cm ; Prof. : 32 cm

Cabinet japonisant en bois sculpté. Décor peint imitant le laque du Japon, à motif de fleurs, d’oiseaux et de papillons. Ouvrant sur deux tiroirs et un trieur à papiers, l’abattant est garni de velours rouge. Surmonté d’un tiroir et d’étagères asymétriques, dans l’esprit de la philosophie « zen » japonaise, le cabinet repose sur quatre pieds réunis par une tablette d’entretoise gravée.

Le Japonisme prend sa source dans l’art chinois et surtout l’art japonais. D’abord ressenti dans la peinture, il se développe rapidement dans les arts décoratifs et le mobilier.

Suite à la campagne franco-anglaise menée contre l’armée impériale en Chine en 1860, les troupes françaises de Napoléon III rapportent du palais d’Eté, une partie du trésor de la cour impériale chinoise, constituant dès 1863 le Musée Chinois de l’impératrice Eugénie au palais de Fontainebleau. Les artistes s’inspirent alors de ces objets exotiques pour leurs créations, à l’inverse des ébénistes français au XVIIIème siècle qui utilisaient les laques chinoises sur le mobilier royal.

Quant au Japon de l’époque Meiji (1868-1912), son influence sur les arts européens sera encore plus immédiate grâce à l’ouverture de ce pays sur l’Occident, au développement des voyages et surtout aux spectaculaires Expositions Universelles auxquelles le Japon participe pour la première fois à Paris en 1867. Ces échanges tant diplomatiques que commerciaux amènent naturellement sur le marché français et anglais des estampes et des objets japonais, pour lesquels certains collectionneurs dépensent déjà des fortunes. Les magasins de curiosités proposent alors des objets chinois et japonais que les artistes comme Manet en France ou Whistler en Angleterre collectionnent avec passion.

L’Angleterre et la France contribuent ainsi activement au développement de cet art exotique qui fait de plus en plus d’émules. En France, avec la génération des Impressionnistes, l’enthousiasme pour tout ce qui est japonais devient une véritable mode ; architectes, peintres et décorateurs sont alors sollicités. Londres et Paris se partagent un marché artistique commun : Murray Marks, célèbre marchand londonien vend dès 1864 une collection de céramiques chinoises et japonaises à Paris. Les institutions et les musées ne sont pas en reste : le South Kensington Museum à Londres (aujourd’hui Victoria & Albert Museum) enrichit ses collections d’artefacts japonais à l’exemple de l’Union centrale des Arts décoratifs à Paris.

Cet engouement pour l’Extrême-Orient est favorisé en France par la diffusion des ouvrages d’ornements chinois et japonais, renouvelant la décoration intérieure des luxueuses demeures parisiennes d’une clientèle avide de nouveauté. En 1870, paraît « Le Japon illustré » d’Aimé Humbert, un ouvrage qui fait sensation et marquera de nombreux artistes. En réalité, plus qu’une simple mode, cette passion pour l’art japonais se transforme en mouvement révolutionnaire chez les artistes d’avant-garde, qu’ils soient peintres, ébénistes ou encore créateurs d’objets décoratifs en céramique, bronze ou cristal. En effet, au-delà de l’exotisme, quelques grands artistes tentent véritablement d’assimiler l’art japonais, ses motifs et ses techniques

biographie

En 1872, Alfred Perret et Ernest Vibert ouvrent à Paris, au 33 rue du Quatre-Septembre un magasin qui propose à ses débuts des “meubles en bambou naturel et sièges de jonc” ainsi que toutes sortes de garnitures textiles pour l’ameublement. Ce mobilier destiné aux jardins d’hiver et terrasses des belles demeures remporte alors un franc succès. Ils développent leur activité vers 1884 avec la réalisation de mobilier japonisant, très proche de celui exécuté alors par Gabriel Viardot (1830-1906). En 1886, la société qui apparaît dans la catégorie des “Chinoiseries et Japoneries”, propose, outre ses meubles et sièges de création, de véritables objets d’art et meubles avec incrustations en provenance d’Extrême-Orient ; une activité qui prendra rapidement de l’expansion. Leur mobilier de fantaisie exotique présenté aux Expositions Universelles de Paris en 1889 et 1900, les récompensera de deux médailles d’argent. En 1894, l’entreprise figure sous le nom de “Perret et Vibert”, dirigée alors par le fils d’Alfred Perret et Ernest Vibert. Ils remanient la même année leur magasin de la rue du Quatre-Septembre en créant dix nouveaux salons, montrant ainsi des ensembles complets de mobilier d’inspiration japonisante et chinoisante. Ce n’est qu’en 1895, qu’apparaît le nom connu de la société : la “Maison des Bambous”, qui organise dans leurs magasins, une “exposition des meubles et sièges de campagne pour châteaux et villas” qui est visitée par l’impératrice Eugénie afin de meubler sa villa Cyrnos du Cap Martin. Il apparaît que cette dernière était une cliente régulière de la “Maison des Bambous” puisqu’elle y achète à plusieurs reprises du mobilier. En octobre de la même année, c’est le roi de Grèce Georges Ier, qui se rend rue du Quatre-Septembre et “choisit une variété de ces jolis petits meubles et sièges en bois sculpté et en bambou décoré” ainsi que plusieurs pièces en bronze et en porcelaine du Japon destinés à garnir son Palais d’Hiver près d’Athènes. Quant au richissime Américain Mr Vanderbilt, il demande à la maison Perret-Vibert, pour l’embellissement de son hall et de sa serre à New-York, une idéale collection de sièges en rotin souple, laqué blanc et or et des objets d’art de provenance japonaise. La “Maison des Bambous” qui a déjà une succursale en 1910 au 170 boulevard Haussmann, y déménage définitivement son siège en 1917, pour y rester jusqu’à sa fermeture en 1994.

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