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Ref. 1646

P. SORMANI

Ebéniste
(1817-1877)

Table de toilette 

Signée sur la serrure P. SORMANI PARIS 10 r. Charlot

France
Circa 1870

Haut. : 73,5 cm ; Larg. : 73 cm ; Prof. : 36 cm

Provenance : Propriété de la Roberdière à Luynes (Touraine)

Elégante table de toilette de style Transition à léger décrochement central, décorée sur la ceinture de marqueterie de fleurs dans des réserves de bois de tabac, sur fond de bois de rose.
Le plateau, de forme rognon, est ceint d’une lingotière en bronze doré et décoré en son centre d’un bouquet de fleurs en bois de bout sur fond de bois de tabac délimité par de fins filets de bois d’ébène, de buis et d’amarante, encadré d’un frisage de losanges en bois de rose. Il coulisse vers l’arrière pour laisser apparaître un tiroir muni d’un miroir central et de deux volets latéraux eux-mêmes ornés de marqueterie.
Elle repose sur quatre pieds cambrés se terminant par des sabots feuillagés en bronze ciselé et doré.

Paul Sormani s’est inspiré des créations de Jean-François Oeben, renommé pour ses délicates marqueteries florales, qui s’était spécialisé dans les meubles à mécanisme, mettant au point la table mécanique, à la fois liseuse, table à écrire et de toilette, dont le plateau coulissait en même temps que le tiroir avançait pour laisser apparaître pupitres et vantaux.

Plateau d’une table à écrire mécanique par J.-F. Œben, vers 1760, conservée au Victoria and Albert Museum à Londres

Table mécanique par J.-F. Œben et R.V.L.C, vers 1761-1763, conservée au Metropolitan Museum de New-York

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Paul Sormani, né en Italie en 1817, mort en 1877. D’abord spécialisé dans la fabrication de nécessaires et de petits meubles de fantaisie, il installe en 1854 ses ateliers au n°114 rue du Temple à Paris. La maison Sormani connaît rapidement un grand succès et devient très appréciée de la haute société parisienne ainsi que de la famille impériale elle-même. L’impératrice Eugénie décore ses palais et diverses résidences dans les styles de l’Ancien Régime. Elle fait alors immanquablement appel aux belles créations de Sormani. La maison Sormani présente ses œuvres à toutes les grandes expositions nationales et internationales, comme à l’Exposition des Produits de l’Industrie de 1849 ou les grandes Expositions Universelles parisiennes de 1855 et 1867, où Sormani est honoré par les jurys et gagne les plus hautes récompenses pour sa « production qui révèle une qualité d’exécution de tout premier ordre ». C’est à la suite de l’Exposition Universelle de 1867 que Sormani se développe et déménage 10 rue Charlot, où ses ateliers prennent alors toute leur importance. Paul-Charles Sormani, fils de Paul, né en 1848, travaille avec son père puis après la mort de ce dernier, continua avec sa mère, sous la raison sociale Veuve Paul Sormani et Fils à Paris. Après la guerre de 1914, ils s’associèrent avec Thiébaux et la maison fut transférée 134 boulevard Haussmann et cela jusqu’en 1934.

Jean-François Oeben (1721 – 1763) est un ébéniste, originaire de Rhénanie, qui émigre à Paris vers 1740. De 1751 à 1754, il travaille au Louvre dans l’atelier de Charles-Joseph Boule, le plus jeune fils d’André-Charles Boule et attire dès cette époque l’attention officielle. En 1754, il reçoit le titre d’ébéniste du roi et obtient un atelier à la Manufacture des Gobelins, puis à l’Arsenal en 1756. Le roi et Madame de Pompadour sont ses plus importants clients. Créateur de formes et de décors, marqueteur et mécanicien, il invente le bureau à cylindre dont l’exemple le plus célèbre est le bureau du roi Louis XV. Son oeuvre évolue du style Louis XV au style dit « à la grecque » des débuts du néo-classicisme. Il a pour élève de nombreux artistes, dont François Leleu et Jean-Henri Riesener.

Bibliographie

Alexandre Pradère, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Chêne, 1989 ; p. 255

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