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ref. 1508/53

Cabinet-secrétaire Japonisant

France

Circa 1880

Haut. : 167 cm ; Larg. : 65 cm ; Prof. : 32 cm

Cabinet japonisant en bois sculpté. Décor peint imitant le laque du Japon, à motif de fleurs, d’oiseaux et de papillons. Ouvrant sur deux tiroirs et un trieur à papiers, l’abattant est garni de velours rouge. Surmonté d’un tiroir et d’étagères asymétriques, dans l’esprit de la philosophie « zen » japonaise, le cabinet repose sur quatre pieds réunis par une tablette d’entretoise gravée.

Le Japonisme prend sa source dans l’art chinois et surtout l’art japonais. D’abord ressenti dans la peinture, il se développe rapidement dans les arts décoratifs et le mobilier.

Suite à la campagne franco-anglaise menée contre l’armée impériale en Chine en 1860, les troupes françaises de Napoléon III rapportent du palais d’Eté, une partie du trésor de la cour impériale chinoise, constituant dès 1863 le Musée Chinois de l’impératrice Eugénie au palais de Fontainebleau. Les artistes s’inspirent alors de ces objets exotiques pour leurs créations, à l’inverse des ébénistes français au XVIIIème siècle qui utilisaient les laques chinoises sur le mobilier royal.

Quant au Japon de l’époque Meiji (1868-1912), son influence sur les arts européens sera encore plus immédiate grâce à l’ouverture de ce pays sur l’Occident, au développement des voyages et surtout aux spectaculaires Expositions Universelles auxquelles le Japon participe pour la première fois à Paris en 1867. Ces échanges tant diplomatiques que commerciaux amènent naturellement sur le marché français et anglais des estampes et des objets japonais, pour lesquels certains collectionneurs dépensent déjà des fortunes. Les magasins de curiosités proposent alors des objets chinois et japonais que les artistes comme Manet en France ou Whistler en Angleterre collectionnent avec passion.

L’Angleterre et la France contribuent ainsi activement au développement de cet art exotique qui fait de plus en plus d’émules. En France, avec la génération des Impressionnistes, l’enthousiasme pour tout ce qui est japonais devient une véritable mode ; architectes, peintres et décorateurs sont alors sollicités. Londres et Paris se partagent un marché artistique commun : Murray Marks, célèbre marchand londonien vend dès 1864 une collection de céramiques chinoises et japonaises à Paris. Les institutions et les musées ne sont pas en reste : le South Kensington Museum à Londres (aujourd’hui Victoria & Albert Museum) enrichit ses collections d’artefacts japonais à l’exemple de l’Union centrale des Arts décoratifs à Paris.

Cet engouement pour l’Extrême-Orient est favorisé en France par la diffusion des ouvrages d’ornements chinois et japonais, renouvelant la décoration intérieure des luxueuses demeures parisiennes d’une clientèle avide de nouveauté. En 1870, paraît « Le Japon illustré » d’Aimé Humbert, un ouvrage qui fait sensation et marquera de nombreux artistes. En réalité, plus qu’une simple mode, cette passion pour l’art japonais se transforme en mouvement révolutionnaire chez les artistes d’avant-garde, qu’ils soient peintres, ébénistes ou encore créateurs d’objets décoratifs en céramique, bronze ou cristal. En effet, au-delà de l’exotisme, quelques grands artistes tentent véritablement d’assimiler l’art japonais, ses motifs et ses techniques

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