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A.-L Barye
F. Barbedienne
Cheval Turc n°3

ref. 1461/0

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A.-L. Barye                      

Sculpteur
(1795-1875)     

F. Barbedienne

Bronzier
(1810-1892)

“ Cheval Turc no.3 ”

Signé BARYE et F. Barbedienne fondeur
Cachet à l’or FB

France
Circa 1875

Haut. : 12,5 cm ; Larg. : 12,5 cm ; Prof. : 5,5 cm

Beau bronze à patine verte représentant un cheval avec une patte antérieure levée. La force contenue de l’animal transparaît dans le modelé du corps, à la fois souple et puissant.

Commentaire

Réduction au tiers du Cheval turc n°2 (antérieur gauche levé terrasse carrée) édité par Barye vers 1870, puis par Ferdinand Barbedienne et Gustave Leblanc Barbedienne de 1876 à 1925. Ce modèle est édité dans les catalogues Barbedienne sous le titre Cheval turc n°3, il apparaît dans le catalogue raisonné des sculptures de Barye comme Réduction n°4 puisque Barbedienne n’éditait pas l’ensemble des œuvres du sculpteur.

Du 7 au 12 février a lieu la vente après décès de Barye à l’hôtel Drouot. Aquarelles, sculptures, plâtres, chefs modèles du sculpteur y sont dispersés. Ferdinand Barbedienne se fait représenter par Emmanuel Frémiet, Jules Jacquemart et Goupil. Ils y acquièrent de nombreuses aquarelles, peinture et plâtres, ainsi que 126 chefs modèles avec leurs droits de reproduction.

Ferdinand Barbedienne a su y acquérir les modèles les plus commerciaux de Barye parmi lesquels les groupes du Louvre : La Guerre, La Paix, La force protégeant le travail et L’Ordre punissant les pervers, mais également Thésée combattant le Minotaure et Thésée combattant le centaure Biénor, ainsi qu’un grand nombre d’animaux à commencer par les fauves et les chevaux.

Le chef modèle du Cheval turc n°3 est acheté à la vente après décès de Barye par Goupil pour Ferdinand Barbedienne. Il s’agit alors du n°703, vendu en lot avec un ensemble de « modèles en bronze avec leurs plâtres » au prix de 1120 francs.

Dès 1877 Ferdinand Barbedienne édite un catalogue consacré uniquement aux œuvres de Barye. D’autres suivront en 1887, 1893, 1905 et 1911. Il est alors le premier éditeur posthume de Barye par le nombre de modèles édités.

Les éditions animalières de Barye par Ferdinand Barbedienne connaissent un succès immédiat. Selon Bernard Metman qui fut l’un des premiers à s’intéresser aux bronzes d’éditions, les tirages réalisés par Ferdinand Barbedienne entre 1876 et 1889 sont marqués d’un cachet à l’or « FB »[1]. Ce cachet est alors exclusivement réservé aux œuvres de Barye éditées par la maison Barbedienne.

Biographie

Antoine-Louis Barye est un artiste majeur du XIXème siècle : il fut l’un des premiers et des plus grands animaliers, l’auteur d’un nombre considérable de bronzes, et l’un des promoteurs du bronze de collection, auquel il imprima un essor prodigieux.

Placé très jeune en apprentissage chez le graveur de métaux Fourier, il poursuit sa formation en 1816 auprès du sculpteur Bosio, en 1817 chez le peintre Gros, et en 1818 à l’Ecole des Beaux-Arts. Enfin, entre 1823 et 1831, il collabore avec l’orfèvre Fauconnier, en fournissant des modèles de petits animaux pour composer des surtouts de table. C’est là qu’il se familiarise avec le métier de fondeur-ciseleur.

Après des débuts difficiles dans les années 20, il triomphe auprès du public au Salon de 1831 avec son plâtre : Tigre dévorant un Gavial. Tandis que pour certains le monde animal est indigne du grand art, d’autre louent la force de vie qui se dégage de ses œuvres. Il participe régulièrement aux Salons des années 1830, en dépit des réticences des académiques. En 1838, il crée une fonderie de bronze. Il ne retourne exposer au Salons qu’en 1850 et triomphe à l’Exposition Universelle de 1855 avec le Jaguar dévorant un Lièvre. Il reçoit la grande médaille d’honneur et la croix d’officier de la Légion d’honneur. En parallèle, il reçoit plusieurs commandes officielles : un lion en bas-relief pour le socle de la colonne de Juillet, place de la Bastille (1836), un lion pour le jardin des Tuileries (1846), des aigles pour le pont d’Iéna (1847), ou encore quatre animaux colossaux pour le palais de Longchamp à Marseille (1869).
De nombreuses œuvres montrées au Salon ont été éditées en bronze. Barye a également modelé quantité de petits animaux directement pour l’édition : fauves, éléphants, chevaux, cerfs, chiens, lapins, oiseaux. Après avoir vécu parmi Millet, Rousseau et Diaz, à Barbizon, il revient à Paris et vend en 1873 un exemplaire en bronze de chacune de ses œuvres, soit environ 120 pièces, à l’amateur américain W.T.Walters pour la Corcoran Gallery de Washington (désormais à la Walters Art Gallery de Baltimore). Lors de la vente après-décès de l’atelier de l’artiste en 1876, la très réputée Maison Barbienne achète cent-vint-cinq modèles assortis des droits de reproduction.

Muséologie

Les œuvres de Barye sont abondamment représentées dans les musées français ainsi qu’aux Etats-Unis. Parmi les collections les plus importantes, citons notamment le musée Bonnat de Bayonne (quatre-vingt-treize bronzes), le Louvre, le musée d’Orsay et le Petit Palais, ainsi que les musées de Strasbourg, Montpellier et Amiens.

Bibliographie

Bronzes d’art F. Barbedienne, Œuvres de A-L Barye, Paris, 1880, p.5, « Cheval turc n°3 ».

Poletti Michel et Richarme Alain, Barye, catalogue raisonné des sculptures, Paris, Gallimard, 2000, « A 132, Cheval turc n°4 (antérieur gauche levé, terrasse carrée) », p.271.

P. Kjellberg, Les Bronzes du XIXe siècle, dictionnaire des sculpteurs, les éditions de l’amateur, 1989, pp.55-84.
I. Leroy-Jay Lemaistre, avec la collaboration de B. Tupinier Barrillon, La griffe et la dent : Antoine Louis Barye, 1795-1875, sculpteur animalier, catalogue de l’exposition au Musée du Louvre, Paris, et au Musée des Beaux-Arts, Lyon, Paris, RMN, 1996.

M. Poletti et A. Richarme, Barye : catalogue raisonné des sculptures. Paris : Gallimard, 2000.

[1] 1989, P.176.